Hier, à Moustey, nous nous sommes pris en photo devant la borne de pierre ornée de la coquille et indiquant "Compostelle 1000 km".
Il y a quelques jours, en sortant de Bordeaux, il y avait un bistrot qui s'appelait " À mi-chemin "...
Nous sommes maintenant plus ou moins à mi-route de notre périple. Les Landes, avec leurs lignes droites interminables ( hier, la plus longue faisait... 8 km ! ) sont propices à la réflexion... Qu'est ce qui nous pousse à nous lever tous les matins à 6 h pour prendre un solide petit déjeuner et nous lancer rapidement sur les chemins pour des marches forcées de 20, 25 ou 30 km... ?
Quelle est notre motivation pour tant d'efforts et parfois, de souffrances ( je traine depuis plusieurs jours une blessure au pied gauche que je soigne tous les matins avant de partir mais qui s'ouvre à nouveau en cours de journée ) pour aligner, les uns derrières les autres, ces centaines de km ?
La réponse est certainement complexe et multiple...
Bien sûr la volonté de se dépasser, de se prouver qu'on est capable de le faire. Aussi la joie de la découverte, découverte de la nature ( hier étonnement devant une magnifique couleuvre qui traversait la route devant nous avant de se jeter dans la mare toute proche et, ce matin, un face-à-face étonnant avec un jeune chevreuil qui n'en croyait pas ses yeux face à ce pèlerin à lunettes, coiffé d'un chapeau informe, et portant sa maison sur son dos...), découverte de toutes les richesses culturelles de la France ( ah, tous les aspects de l'art roman dans les moindres petites chapelles visitées...).
Aussi la richesse de toutes les rencontres vécues, que Marie-Françoise détaille si bien dans son compte-rendu. Rencontres parfois longues et plus profondes, comme le médecin hollandais, Johan, qui nous a accompagnés huit jours durant ou comme Laurence, la petite québécoise de 22 ans qui marchait avec nous depuis Bordeaux et qui, ce matin, a pris le train pour Irun, début de son Camino Del Norte... Mais aussi rencontres plus brèves et tout aussi riches, comme toutes les personnes qui nous accueillent à l'étape, comme tous ceux qui s'arrêtent pour simplement nous saluer, nous souhaiter bon courage, s'inquiéter de savoir si nous ne manquons pas d'eau... Ce matin, notre petite route longeait l'autoroute vers l'Espagne et nombreux étaient les chauffeurs de camion qui, reconnaissant les pèlerins à la coquille posée à l'arrière du sac, nous dépassaient en nous saluant d'un joyeux coup de klaxon et d'un grand signe de la main ! Quelque part, ils nous reconnaissaient comme les leurs, routiers à notre manière...
Motivations multiples à ce voyage coiffées par la notion de "Pèlerinage"...
Nous allons à Santiago prier Saint Jacques, là où des millions de pèlerins avant nous l'ont déjà prié et nous le prions tout au long du Chemin... Ce ne sont pas les intentions qui manquent ! Nos soucis, nos proches... mais aussi toutes celles qui nous ont été confiées et qui nous sont encore confiées chaque jour. Hier, la dame qui nous accueillait à Labouheyre nous demandait de prier pour son curé qui s'en allait, appelé dans une autre paroisse, et pour celui, bien plus âgé qui allait le remplacer...
Beaucoup de manières de prier sur le Chemin... De manière bien consciente, dans les églises notamment, mais aussi, de manière plus simple, en offrant nos pas et nos découvertes, en nous mettant simplement à l'écoute... Nous prions alors "avec nos pieds" et cette prière est toute aussi profonde que celle dite avec notre tête !
"Priez pour moi à Compostelle !"
Belle mission qui nous est confiée très souvent...
Bon ben... il n'y a plus qu'à y aller alors...
Michel
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